La crise financière grecque est relative à la dette publique du pays, mais elle menace d’étendre ses tentacules à l’ensemble des pays de l’Union européenne. En effet, l’augmentation de la dette publique de la Grèce a un poids énorme sur le pays. D’abord, elle fait fuir les investisseurs qui doutent de la capacité de ce pays à rembourser sa dette, mais aussi le poids du remboursement de ses intérêts. En effet, depuis que la crise grecque a commencé à prendre de l’ampleur, l’Union européenne a pris les devants et différents gouvernements se sont succédé. Ceci dit, entre les mesures imposées par les 27 et le souci des Grecs de garder leur souveraineté, des compromis ont été trouvés et il y a un léger mieux. Toutefois ne devons-nous pas craindre un retour de la crise grecque ?
Des plans hypothétiques et irréalistes
Le destin de la Grèce et celui de la zone euro s’enchevêtrent au point de se confondre. Une défaillance d’Athènes ne se limiterait pas aux frontières du pays : l’onde de choc secouerait sans ménagement toute l’Europe monétaire. C’est cette menace qui a forcé l’intervention rapide des capitales européennes, décidées à barrer la route à une contagion incontrôlable. Depuis plus d’une décennie, la scène grecque alterne tractations fiévreuses, sommets d’urgence et promesses sur le fil du rasoir. D’annonces solennelles en programmes de sauvetage rédigés dans l’urgence, chaque gouvernement successif s’est retrouvé projeté dans la tempête.
Les programmes de redressement, eux, ont trop souvent tenu de la déclaration d’intention. D’un côté, la BCE et le FMI misaient sur un retour express de la croissance, accompagnée de privatisations massives et de recettes fiscales en plein boom ; de l’autre, les gouvernements grecs juraient de s’engager sur la voie de l’austérité avec la même rigueur. Mais ces chantiers, très théoriques, n’ont pas résisté à l’épreuve du réel. Les résultats promis sont restés lettre morte. Le terrain, lui, a livré un tout autre visage : chômage massif, recettes fiscales en berne, exil de la jeunesse et défiance généralisée.
Un répit fragile, sans garantie
Confrontée à la situation plus que désastreuse et le peuple grec qui refuse de se serrer davantage la ceinture, l’Union européenne a imposé au gouvernement Tsipras une signature in extremis sur les accords du 13 juillet. Ce compromis a momentanément desserré l’étau, donnant un souffle à un pays épuisé par les coupes budgétaires. Mais sur l’asphalte athénien comme dans les ministères, la hargne du parti Syriza pour que la Grèce ne cède rien de sa souveraineté ne faiblit pas. L’économie patine, les banques restent exposées, et le moindre incident pourrait tout faire basculer. Même si la tempête paraît passée, le tableau demeurait fragile : la moindre étincelle suffirait à rallumer les tensions. L’équilibre reste précaire ; ceux qui croient à une Grèce enfin remise peuvent se raviser. Ici, le passé rôde et ne s’éclipse jamais vraiment. Quant à la zone euro, elle avance sur une corde raide, nul ne sait de quoi demain sera fait.



