
Les flashs d’alerte tombent. Un à un, les pays ferment, improvisent, cherchent la parade. Ce 22 mars, l’Italie fait taire toutes ses activités jugées non vitales jusqu’au 3 avril, alors que l’Inde tente un couvre-feu unique de 14 heures pour briser la chaîne du coronavirus. Pendant ce temps-là, aux États-Unis, la FDA débloque un test ultra-rapide, capable de repérer la maladie en un temps record. À New York, la maladie ignore l’âge : la majorité des infectés ont moins de 50 ans. Les prisons new-yorkaises voient le virus progresser derrière les murs, Rikers y compris. Londres reste sous tension, Boris Johnson reconnaissant que le Royaume-Uni n’est qu’à deux ou trois semaines du niveau dramatique de l’Italie. En coulisse, les médecins reçoivent l’ordre de hiérarchiser les malades. Les compagnies aériennes peinent à survivre, tandis que les employés de supermarché deviennent le bouclier quotidien. Il y a même la Russie qui s’apprête à envoyer une centaine d’experts sur le front italien. Un point se confirme : la piste du laboratoire n’est pas retenue par la recherche scientifique la plus sérieuse.
Cas recensés : 311 796 (soit 32 476 de plus que les 279 320 d’hier)
Décès : 13 071 (1 481 de plus par rapport à 11 587 la veille)
J’appelle ça « Virus Time ». Ce mot résonne, mais la réalité dépasse la formule. Quarante-huit heures plus tôt, je notais :
«Ma prédiction : Les États-Unis ont dépassé la France et s’apprêtent à doubler l’Allemagne, l’Espagne, puis l’Iran dans les prochains jours.»
Le pronostic sort de la théorie pour devenir une évidence. La veille encore, le tableau paraissait incertain :
Aujourd’hui, tout a basculé :
L’évolution entre le moment où San Francisco et Miami-Dade ont déclaré l’état d’urgence est frappante :
Le virus avance, à rebrousse-temps. Les deux semaines à venir semblent déjà dessinées :
Pour suivre le fil, voici les visuels de référence. Désormais, la ressource Covid2019.app n’est plus en libre accès ; le relais est pris par Covid2019Live.info.
Données de Worldometer (données de la veille au soir)
Worldometer affiche un taux de mortalité de 12 % sur les cas clos.
Du côté de SCMP (dont les nouveautés se font rares) :
Quant à Covid2019Live.info :
Fallait-il attendre que la Chine détecte le tout premier patient pour parler de cas zéro ? Peu probable. Même dans des pays équipés, rien ne garantit que le tout premier infecté ait aussitôt été repéré.
, La distanciation sociale Balding 大’ » (@BaldingsWorld) 22 mars 2020
Plus fondé : l’hypothèse d’une circulation beaucoup plus ancienne du virus en Chine, au point d’arriver discrètement à l’étranger avant d’être identifié. Les faits s’empilent, laissant soupçonner un démarrage invisible à l’œil nu.
, La distanciation sociale Balding 大’ » (@BaldingsWorld) 22 mars 2020
C’est une mobilisation totale, avec les moyens de la guerre. L’Allemagne sollicite ses géants de l’industrie automobile pour fabriquer du matériel médical. Le tempo politique, lui, reste le même : attendre, hésiter, puis réagir à contre-temps.
En Italie, l’annonce vient couper la routine : le pays ferme « jusqu’au 3 avril » tout ce qui n’est pas considéré comme stratégique.
Giuseppe Conte, samedi soir, la joue franc : arrêt quasi total, sous réserve pour les secteurs qui alimentent le pays, chaînes logistiques, supermarchés, pharmacies, banques, transports. Près de 5 000 morts déjà, dont 800 de plus en un seul jour. Il le dit lui-même, la crise porte « les traits les plus durs depuis la guerre ». Le gouvernement prépare dans la foulée un décret pour appliquer la mesure sur le champ.
Pas de rupture sur le nécessaire : courses, soins, paiement, déplacements pour les besoins de base restent garantis. « On freine la machine, mais on ne la coupe pas », clame Conte. Le texte doit tomber ce dimanche.
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Changement d’ambiance en Inde. Un couvre-feu de 14 heures instaure l’expérience. Mais libérer le mouvement au bout du délai : pari bien étrange pour casser une vague épidémique.
L’Inde a donc décrété ce dimanche un arrêt massif de jour, pour tenter d’endiguer la contagion.
Le pays compte alors 315 cas recensés, la stratégie vise à retarder la montée de la vague. Narendra Modi invite la population à rester à l’abri de 7h à 21h. Ce test, grandeur nature, permet de jauger l’aptitude collective à faire bloc contre le Covid-19. Modi martèle : « Cet effort déterminera nos semaines à venir. » Plusieurs spécialistes relèvent que le début de l’histoire reproduit le scénario connu ailleurs, suivi d’une rapide explosion du nombre de cas.
Dans le détail, quelques mesures tombent en cascade. Au Gujarat, quatre villes restent fermées jusqu’à mercredi. Le Rajasthan prolonge sa fermeture jusqu’au 31 mars. D’autres états stoppent les bus inter-états pour éviter l’exode massif vers les campagnes. L’inquiétude gronde dans les gares routières, où fermentures et suppressions de bus mettent les travailleurs sur les nerfs.
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Côtés États-Unis, la FDA valide le test flash. Mais la question-clé reste sous silence : qui aura droit au test en premier ?
Le test signé Cepheid, en Californie, promet une réponse médicale en quelques heures. Mise sur le marché prévue vers le 30 mars. Alex Azar, responsable santé, y voit une rupture pour accélérer le diagnostic. Stephen Hahn (FDA) salue une évolution majeure : le dépistage se fera sur place, pas besoin de transférer l’échantillon en labo central. Hôpitaux, cliniques, services d’urgence pourront réduire le délai d’attente.
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Sur les plages de Floride, insouciance maximale. Certains profitent du soleil sans se soucier du risque sanitaire, au grand dam de tous ceux qui peinent à se faire entendre. La faute ne repose pas seulement sur les vacanciers, mais aussi sur les autorités qui laissent plages, bars et restaurants tourner sans frein, et sur une partie des familles peu regardantes.
Situation radicale à New York : la part des jeunes concernés saute aux yeux.
Les derniers chiffres l’attestent : 57 % des dépistés positifs à New York ont 49 ans ou moins, dont 54 % situés précisément dans la tranche 18-49 ans. Derrière, les 50-64 ans comptent pour 23 %. Ces données, arrêtées à vendredi soir, illustrent ce que dit Bill de Blasio : « Nous sommes dorénavant l’épicentre américain. »
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Près de 2,5 millions d’Américains derrière les barreaux. C’est le contexte parfait pour la propagation du virus.
À New York, les prisons sont déjà frappées : 38 cas diagnostiqués, dont certains à Rikers Island.
Le conseil de surveillance pénitentiaire parle de 58 personnes placées à l’isolement médical spécifique. Jacqueline Sherman, à la tête de l’institution, prévient : ces individus ont pu circuler dans des centaines de dortoirs, croiser détenus et personnels. Elle s’attend à une poussée spectaculaire des infections. Son diagnostic est net : libérer des prisonniers et réduire le nombre de personnels deviendrait la tactique la plus sûre pour éviter une catastrophe. Sur la dernière semaine, le conseil comptabilise 12 agents, 5 soignants et 21 détenus testés positifs. Les instances pénitentiaires comme les services de santé ne donnent aucun commentaire. Au bilan officiel, seul un prisonnier et sept membres du personnel étaient recensés la veille.
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Au chapitre des dirigeants hésitants, Boris Johnson détone. Pubs ouverts, écoles debout, consignes flottantes. Mais soudain, le nombre fait tilter : en franchissant 233 morts, le Royaume-Uni reproduit le 7 mars italien. Deux à trois semaines de retard sur la courbe tragique.
L’annonce tombe : selon Boris Johnson, le Royaume-Uni suit la même pente que l’Italie, à un décalage de deux ou trois semaines près.
Les chiffres cognent, les repères tanguent, l’accélération ne laisse personne indemne. Chacun tente de tenir la barre, fixant sur les courbes à venir l’espoir de contrer la mécanique du pire.












