1 022,02 euros bruts par mois : c’est le montant touché par un maire à la tête d’une commune de moins de 500 habitants. À l’autre bout de l’échelle, ceux qui dirigent une ville de plus de 100 000 habitants perçoivent 5 929,83 euros. Depuis la réforme de 2019, les conseils municipaux peuvent faire bouger ce curseur, en votant jusqu’à 15 % de hausse ou de baisse selon un cadre bien défini.
À côté de cette rémunération, d’autres avantages s’invitent dans le jeu : frais de représentation, logement de fonction… Chaque municipalité décide selon ses moyens et ses traditions. Résultat : la transparence et l’équité restent des sujets brûlants, régulièrement mis sous les projecteurs lorsqu’on évoque la question des indemnités d’élu.
Élections municipales 2026 : enjeux, candidats et questions sociales au cœur du scrutin
La campagne des élections municipales 2026 s’annonce électrique. Le statut de l’élu local s’impose comme l’un des axes majeurs. Trois mots reviennent sur toutes les lèvres : engagement, lassitude, rémunération. Un chiffre, surtout, claque comme un avertissement : moins de 900 démissions de maires entre 2008 et 2014, mais près de 3 400 sur la période 2020-2025, selon Martial Foucault (CEVIPOF). Un signal que l’Association des Maires de France (AMF) et le CEVIPOF décortiqueront dans une enquête attendue à l’automne 2025. Le résultat pèsera dans la balance électorale.
En lice, candidats aux municipales venus de tous horizons : figures du parti présidentiel Renaissance, militants de La France insoumise, élus locaux aguerris… Sur le terrain, des profils très différents, d’Anne Hidalgo à Paris à François Marty à Decazeville, en passant par Francis Cayron à Boisse-Penchot. Tous font face à un même défi : répondre à l’exigence de transparence et de reconnaissance. La revalorisation des indemnités prévue par la réforme de décembre 2025, avec une hausse de 4 à 10 % dans les petites communes, est saluée par Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités. Mais la pression monte. L’équité des montants suscite des débats animés.
Impossible d’ignorer la question de la justice sociale. Les élus locaux doivent obtenir une juste rémunération, sans tomber dans le piège des privilèges. Primes, avantages, frais remboursés, retraite : chaque aspect passera au peigne fin. Dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille, le mandat prend une dimension politique et médiatique. Mais les difficultés de terrain restent entières, notamment pour les maires des périphéries ou des campagnes. Attirer des candidats, y compris des jeunes ou des citoyens venus de la société civile, devient une nécessité pour revitaliser la démocratie locale.
Rémunérations, primes et avantages des maires : ce que révèlent les chiffres et les débats sur la justice sociale
La rémunération des maires s’appuie sur un barème strict, indexé sur la population et surveillé de près par le code général des collectivités territoriales. Si le mandat peut être exercé sans indemnité, la réalité impose une indemnité de fonction variable selon la taille de la commune.
Voici quelques exemples concrets pour illustrer la diversité des situations :
- 1 048,2 € bruts par mois pour une commune de moins de 500 habitants
- 7 912,76 € pour la mairie de Paris, sommet du barème de 2025
Entre ces deux extrêmes, la grille s’étale :
- 2 121 € pour les villes de 1 000 à 3 499 habitants
- 3 699,5 € pour une commune de 20 000 à 49 999 habitants
- 5 960,26 € dans les plus grandes métropoles
Le conseil municipal peut ajuster ces montants, parfois à la baisse, au gré des orientations politiques locales. Les adjoints disposent aussi d’une enveloppe, mais celle-ci reste plafonnée :
- 406,94 € en zone rurale
- jusqu’à 2 980,1 € dans les grandes agglomérations
Le cumul de toutes ces indemnités ne peut pas dépasser 8 897,93 € par mois, quel que soit le nombre de mandats ou de fonctions exercées.
Mais la rémunération ne s’arrête pas là. D’autres éléments viennent s’ajouter, soulevant parfois la polémique :
- remboursement des frais de garde pour enfants ou personnes dépendantes
- prise en charge de certains déplacements nécessaires à l’exercice du mandat
- bonification de retraite, limitée à trois trimestres pour une carrière complète
Le logement de fonction, lui, reste une exception. Il n’est accordé que dans des situations très précises, sous la vigilance du conseil municipal.
La réforme de décembre 2025 a modifié la donne, en revalorisant les indemnités dans les petites communes pour tenter d’enrayer la baisse du nombre de candidats. Mais la justice sociale ne s’arrête pas à la fiche de paie :
- les élus locaux cotisent et déclarent leurs revenus comme tous les salariés
- tout en portant une charge de travail et une pression publique qui ne cessent de croître
Le débat sur la juste reconnaissance des élus n’est pas près de se refermer. La rémunération d’un maire, en 2026, dit beaucoup des attentes d’une société qui cherche à réconcilier confiance citoyenne, engagement public et équilibre des pouvoirs locaux. La balle est dans le camp des électeurs, et des futurs candidats.



