La responsabilité civile constitue le socle légal de toute assurance automobile en France. Ce que le code des assurances impose, c’est la couverture des dommages causés aux tiers, rien de plus. Toute la question de la différence entre assurance au tiers et tous risques se joue sur les garanties ajoutées au-dessus de ce plancher obligatoire, sur leur coût réel et sur les mécanismes d’indemnisation qui varient bien plus qu’on ne le pense d’un contrat à l’autre.
Franchise et indemnisation : les mécanismes que les comparatifs survolent
En assurance au tiers, la notion de franchise n’a presque pas de sens pour l’assuré, puisque la couverture ne joue que pour les dommages infligés à autrui. Si vous êtes responsable d’un accident, votre propre véhicule n’est tout simplement pas pris en charge. Aucune franchise à appliquer : il n’y a pas d’indemnisation du tout.
En tous risques, la franchise entre en jeu à chaque sinistre couvert. Nous observons régulièrement des écarts significatifs d’un assureur à l’autre sur le montant de cette franchise, y compris pour des garanties identiques en apparence (bris de glace, vol, dommages collision).
Valeur vénale, valeur à dire d’expert, valeur majorée
Un point technique souvent ignoré : le tous risques ne garantit pas le remboursement du prix d’achat. L’indemnisation dépend de la méthode contractuelle retenue. La valeur vénale correspond au prix du marché au jour du sinistre, qui peut être très inférieur au prix payé. La valeur à dire d’expert repose sur l’appréciation d’un professionnel mandaté. Certains contrats proposent une garantie valeur majorée ou valeur d’achat, mais cette option a un coût supplémentaire et une durée limitée.
Avant de comparer deux devis tous risques, nous recommandons de vérifier la clause d’indemnisation en cas de perte totale. Un contrat moins cher peut appliquer une décote plus agressive, rendant la différence de prime sans intérêt réel.

Garanties intermédiaires : le tiers étendu change l’équation du choix
Réduire le choix à « tiers ou tous risques » est une simplification. La plupart des assureurs proposent une formule intermédiaire, souvent appelée tiers étendu ou tiers plus, qui inclut des garanties ciblées sans atteindre le coût d’un tous risques.
Les garanties typiquement incluses dans un tiers étendu :
- Vol et tentative de vol du véhicule, avec franchise variable selon le contrat et parfois des conditions de stationnement ou d’équipement antivol
- Incendie et événements climatiques (tempête, grêle, inondation), qui couvrent les dommages matériels au véhicule assuré hors accident responsable
- Bris de glace, limité au pare-brise, aux vitres latérales et à la lunette arrière, avec ou sans franchise selon les options
- Catastrophes naturelles et événements déclarés par arrêté ministériel
Cette formule intermédiaire convient à un véhicule dont la valeur reste suffisante pour justifier une protection contre le vol ou les intempéries, mais pas assez élevée pour rentabiliser le surcoût d’un tous risques complet.
Dommages collision : la garantie pivot
Ce qui distingue fondamentalement le tous risques du tiers étendu, c’est la garantie dommages tous accidents. Elle couvre les dégâts sur votre propre véhicule même lorsque vous êtes responsable, y compris en cas de sortie de route sans tiers identifié. C’est cette garantie qui justifie l’essentiel de l’écart de prime entre les deux formules.
Sans elle, un accident responsable vous laisse assumer seul les réparations ou la perte du véhicule. Avec elle, la franchise s’applique mais le reste est pris en charge.
Coût de l’assurance auto au tiers et tous risques : fourchettes et facteurs de variation
Le prix d’une assurance automobile varie selon le profil du conducteur (bonus-malus, ancienneté du permis, sinistralité), la zone géographique, le modèle du véhicule et les garanties retenues. Donner un chiffre unique serait trompeur, mais les ordres de grandeur sont utiles pour orienter le choix.
Une formule au tiers simple représente généralement le tarif le plus bas du marché pour un conducteur expérimenté avec un bon coefficient de bonus-malus. Le tous risques coûte en moyenne deux à trois fois plus cher que le tiers pour un même véhicule et un même profil. Le tiers étendu se situe entre les deux, plus proche du tiers simple en termes de prime.
Quand le surcoût du tous risques se justifie
Le calcul est arithmétique. Si la valeur résiduelle du véhicule est faible (véhicule de plus de huit à dix ans, kilométrage élevé, cote basse), le surcoût annuel du tous risques peut dépasser l’indemnisation que vous recevriez en cas de sinistre total. Dans ce cas, basculer vers un tiers étendu ou un tiers simple devient rationnel.
À l’inverse, un véhicule récent, financé à crédit ou en leasing, justifie un tous risques. L’organisme de financement l’exige d’ailleurs fréquemment.

Accident avec un tiers non assuré ou non identifié : un piège courant
Le niveau de couverture ne règle pas tout face à un conducteur non assuré. Lorsque l’auteur d’un accident est inconnu (délit de fuite) ou non assuré, l’indemnisation des dommages corporels peut relever du Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO). Les dommages matériels, en revanche, ne sont pris en charge par le FGAO que sous certaines conditions, et l’indemnisation peut être partielle.
Si vous êtes couvert en tous risques avec une garantie dommages tous accidents, votre propre assureur indemnise vos dégâts matériels (après franchise). En tiers simple, vous n’avez aucune couverture pour votre véhicule et devez engager vous-même les démarches contre le responsable ou auprès du FGAO. La différence de traitement est considérable dans cette situation précise.
Résiliation et changement de formule : le levier sous-utilisé
Depuis la possibilité offerte de résilier son contrat d’assurance auto à tout moment après la première année, sans pénalité, le changement de formule n’est plus une opération lourde. Le nouvel assureur peut se charger des démarches pour éviter toute interruption de couverture.
Ce mécanisme est particulièrement pertinent à mesure qu’un véhicule vieillit. Nous recommandons de réévaluer la formule chaque année en comparant la prime du tous risques à la valeur vénale du véhicule. Quand la prime annuelle représente une part trop importante de cette valeur, le passage au tiers étendu puis au tiers simple s’impose naturellement.
Critères concrets pour arbitrer entre tiers et tous risques
- Valeur résiduelle du véhicule : si elle est basse, le tous risques devient disproportionné par rapport à l’indemnisation potentielle
- Mode de financement : un crédit ou un leasing impose souvent une couverture complète jusqu’au remboursement intégral
- Fréquence d’utilisation : un véhicule peu utilisé, stationné en garage, présente un risque moindre de sinistre responsable
- Zone de stationnement : un quartier à forte sinistralité (vol, vandalisme) peut justifier au minimum un tiers étendu avec garantie vol
- Coefficient bonus-malus : un conducteur avec un malus élevé verra la prime tous risques exploser, rendant le tiers simple parfois la seule option financièrement tenable
L’arbitrage ne se fait pas une fois pour toutes. La bonne formule d’assurance auto évolue avec l’âge du véhicule et le profil du conducteur. Un tous risques pertinent à l’achat peut devenir absurde trois ou quatre ans plus tard si la décote a été rapide.
Le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir un devis personnalisé et gratuit. Remplissez-le pour être rappelé par un professionnel qui pourra affiner le choix de formule en fonction de votre situation exacte.


